Breton.ne.s et féministes

Breton.ne.s et féministes

Explorer les féminismes en Bretagne.

Aurélie Fontaine

Le podcast qui explore les féminismes en Bretagne et qui décentralise la parole. Tous les mois, deux entretiens ou reportages.

En cours de lecture

Entretien avec Fanny Bugnon, historienne, sur la grève des sardinières à Douarnenez.

On va parler aujourd'hui de la grève des sardinières, ces ouvrières qui travaillaient dans les usines à sardines de Douarnenez, dans le Finistère. On va raconter cette histoire, cette grève, leurs revendications. On va expliquer aussi, avec Fanny Bugnon, historienne à l'université de Rennes 2, comment une grève de femmes, qui est ici une lutte sociale, en arrive parfois à être considérée, à tort, comme une lutte féministe. Comment on peut refaire l'histoire finalement. 
Fanny Bugnon raconte aussi l'histoire d'une de ces grèvistes, Joséphine Pencalet, première femme élue au conseil municipal de Douarnenez. Et comment, ici aussi, certain.e.s on fini par en faire une figure féministe, ce qu'elle n'était pas.

De novembre 1924 à janvier 1925, 3 000 sardinières entament une grève. Ces ouvrières, on les appelle les Penn Sardin, qui veut dire en breton Têtes de sardines, en référence à leur coiffe. Elles sont sous payées et travaillent dans des conditions très difficiles. A l'époque, par exemple, avec un peu plus d'une heure de leur travail, elles ne pouvaient se payer qu'un kilo de pain ou un litre de lait.  

Pour en apprendre encore plus sur Josephine Pencalet, deux articles écrits par Fanny Bugnon :
« De l'usine au Conseil d'Etat. L'élection de Joséphine Pencalet à Douarnenez (1925) », Vingtième siècle. Revue d'histoire, 2015/1, n° 125, p. 32-44
« Joséphine Pencalet, une Penn sardin à la Mairie », dans Arlette Gautier et Yvonne Guichard-Claudic (dir.), Bretonnes ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016, p. 183-200.

Crédit photo : DR
Chanson par la chorale feministe MEUFs !

En cours de lecture

Episode Actualité : entretien avec Fanny Chappé, maire de Paimpol et propos sexistes.

Aujourd'hui, troisième épisode Actualité* de Breton.ne.s et féministes. Il s’agit d’un entretien avec Fanny Chappé, maire de Paimpol et conseillère régionale.
" Je te parle comme je veux ma cocotte !" " Oui maîtresse, non maîtresse". Ces mots, ce sont les propos sexistes tenus par Jean-Yves de Chaisemartin, élu de l'opposition, à l'encontre de Fanny Chappé, lors du conseil municipal de Paimpol le 26 avril 2021.
Avec Fanny Chappe, on parle ici de ce que veulent dire ces propos, de sentiment d’impunité toujours présent, même en 2021, de confiance en soi et de solitude.

Crédit photo : DR.
Chanson : Penn Sardin par la chorale féministe MEUFS !

  • Les épisodes Actualité sont plus courts que d’habitude, et font, donc, l’actualité. Il y en avait déjà eu deux. Un avec Bleuennen, une lycénne de Morlaix, qui témoignait de la sexualisation des corps des jeunes filles, à l’occasion du mouvement 14 septembre 2020 lancé dans les lycées pour protester contre les établissements qui estiment leur short et tee-shirts trop courts. Il y a aussi eu un entretien avec la rennaise Awa Gueye, sur le racisme et les violences policières. Son frère, Babacar Gueye, a été tué en 2015 par la police, à Rennes. Le 5 décembre 2020, le collectif "Justice et vérité pour Babacar" lui rendait hommage.
En cours de lecture

Entretien avec Fanny Dufour, de Les Nouvelles Oratrices

Aujourd’hui on va parler de la prise de parole en public, et plus particulièrement de la difficulté pour beaucoup de femmes de prendre la parole dans des réunions en entreprises, dans des conférences. On va parler de pourquoi, nous les femmes, on ose moins que les hommes prendre cette place. Il est question de construction et de norme sociales, d’éducation, de syndrome de l’imposteur, de se faire couper la parole, d’écart salarial, ou encore du poids que la société patriarcale fait peser sur nos corps, sur nos physiques.

Cette discussion, je l’ai eu avec la rennaise Fanny Dufour, qui organise les conférences TEDX Rennes et qui a créé il y a un an Les Nouvelles Oratrices. Les Nouvelles Oratrices ce sont des cercles de femmes, donc en non-mixité, pour justement se former à la prise de parole, apprendre à prendre confiance, à oser s’imposer, dans des réunions où les hommes représentent une majorité. 

Et pour bien se rendre compte de ces dynamiques, Les Nouvelles Oratrices ont mené une enquête l’année dernière, qui portait sur 702 femmes. Résultat : 60% des moins de 30 ans attendent qu’on leur donne la parole, 48% complexent sur leur voix, leur corps, leur physique et 71% du total des femmes interrogées se censurent de peur de dire une "bêtise".

Crédit photo : DR.
Chanson Penn Sardin par la chorale féministe MEUFs !

En cours de lecture

Entretien avec Tiphaine Dieumegard, pour expliquer l'intimité aux enfants.

Aujourd’hui on va parler sexe dit féminin et sexe dit masculin avec Tiphaine Dieumegard, sage-femme, militante au planning-familial et bretonne d’adoption, du côté de la Forêt Fouesnan, dans le Finistère sud.
Avec Mathilde Baudy, une amie illustratrice, elles écrivent et dessinent deux livres, qui expliquent le vagin, la vulve, le clitoris, les règles, le pénis, le scrotum, les érections. Deux illustrés de l’intimité pour en expliquer le fonctionnement aux 6-9 ans.
Quand leurs petites filles ont commencé à leur poser des questions sur le vagin, le sang, les poils, elles ont cherché un livre adapté à leurs âges. Elles ne l’ont pas trouvé alors elles l’ont créée !
Le petit illustré de l’intimité de la vulve, du vagin, de l’utérus, du clitoris, des règles etc et le petit illustré de l’intimité du pénis, des testicules, du scrotum, des érections etc sortiront au plus tard en septembre prochain. Il y a une campagne de financement, déjà réussie, mais toujours en cours, jusqu’au 13 février.

Lien vers la campagne : https://fr.ulule.com/petit-illustre-du-sexe-feminin/news/213-286796/?ul_campaign=presale_121058&ul_source=shared-from-Ulule-mail-project.news.created-on---http.referer--&ul_medium=uluid_430749-unknown-202102011007#anchor

Crédit photo : DR.
Chanson Penn Sardin par la chorale féministe MEUFs !

En cours de lecture

Entretien avec Fatima Ouassak et Priscilla Zamord.

Aujourd’hui, c’est un entretien croisé que vous allez entendre, celui de deux militantes féministes, anti-raciste et écologistes. Fatima Ouassak est de Bagnolet, Priscilla Zamord de Rennes. Elles luttent dans le même syndicat de parents, vers le même but : libérer le potentiel politique des mères, et en particulier des mères racisées des quartiers populaires.

On va donc parler de la puissance des mères. Qu’être mère c’est être féministe, qu’être mère, c’est politique.

La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire, c’est le titre de l’ouvrage de Fatima Ouassak.

« En se solidarisant systématiquement avec leurs enfants, en refusant de jouer un rôle de tampon entre eux et la violence des institutions, en cessant d’être une force d’apaisement socail des relais du système inégalitaire, les mères se feront à leur tour menaces pour l’ordre établi ».
C’est un passage de la quatrième de couverture, qui clairement, donne envie d’en parler plus longuement, ça tombe bien puisque c’est ce que nous allons faire.

Fatima Ouassak est politologue et elle explique en préambule dans son livre, qu’elle écrit en tant que mère, en tant que militante, en tant que fille d’émigrés marocains, en tant que fille d’ouvrière, et en tant qu’habitante de Bagnolet, en Seine Saint Denis. Elle gère une organisation féministe, le réseau classe / genre / race et a co-fondé le Front de mères, le premier syndicat de parents des quartiers populaires.

Priscilla Zamord est rennaise et martiniquaise, élue écologiste à Rennes. Elle a co-fondé une association d’insertion par la culture, La distillerie, présente dans les quartiers populaires de fort de France et à Rennes. Cette militante est aussi à l’origine de la création de la belle déchette, une ressourcerie rennaise.

Priscilla Zamord a rejoint le syndicat du Front de mères, qui parti de Bagnolet, essaime en ce moment un peu partout en France : Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Toulouse, et Rennes donc, avec le Front de mères de rennes.

Episode enregistré à distance.
Crédit photos : DR
Chanson Penn Sardin par la chorale féministe MEUFs !